mario asselin

Bienvenue à la communauté des passionnés de l'information !

Quand des amis s'apprêtent en s'enfarger les pieds dans les fleurs du tapis, faut leur dire, me dis-je.

Il y a donc une petite urgence pour mes amis journalistes de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (fpjq) et mes amis blogueurs qui les uns et les autres sont en train de s'aventurer dans une bataille de tarte à la crème portant le joli nom d'"éthique" ou "déontologie".

Please don't.

Je croyais avec Philippe Martin que la chicane et les montées de lait entre blogueurs et journalistes étaient choses du passé. Philippe écrivait début novembre:

... de la coopération et de l'échange, pas de compétition. Il serait temps que ce vieux débat des journalistes vs blogueurs prenne fin, c'est dépassé, autant pour les blogueurs que les journalistes qui grimpent aux rideaux à chaque occasion.

Hier encore, à la conférence de Malcom Gladwell organisée par Infopresse, j'étais assis à côté de Mario Asselin (qui a pris la photo) et on mangeait et buvait à la même table sans se soucier de savoir qui était journaliste, qui était blogueur ou qui était journaliste et blogueur (ni même bloggeur, d'ailleurs).

Journ-Blog

Hélas, trois fois hélas, je suis tombé sur la résolution sur la déontologie que la fpjq s'apprête en entériner lors de son prochain congrès. Malheur! La "déontologie" est ici utilisée comme une tarte à la crème dont les journalistes doivent s'affubler pour entrer dans une citadelle où rien ne pourra les assaillir!

J'aime passionnément le journalisme, donc aussi les journalistes en général (dont moi-même), et j'ai longtemps été membre de la fpjq et lui porte toujours beaucoup d'affection. C'est une de mes gangs. Une de mes communautés. Donc je ne m'attaque ici à personne, ni à la fpjq, seulement à cette malencontreuse résolution:

- "il devient de plus en plus difficile pour le public de distinguer les journalistes professionnels des autres communicateurs." Quelqu'un pourrait-il citer la moindre source pour cette affirmation-canon? Des études, des sondages, des experts? Ou est-ce juste "on a vaguement l'impression que"?
- "que le respect des règles de déontologie est la seule chose qui distingue les journalistes professionnels des citoyens et autres communicateurs." Pardon? D'une part, les autres communicateurs n'ont pas de règles de déontologie? C'est gentil. Ils vont apprécier. Back to square one. D'autre part, la déontologie n'est pas du tout "La seule chose qui", c'est seulement "une des", et pas la première (j'y reviens plus loin).
- "que la FPJQ a intérêt à s’afficher comme un exemple et un leader des meilleures pratiques professionnelles." Ha oui? Et jusqu'ici la fpjq s'affichait comme un exemple et un leader de quoi exactement? Qu'est-ce qui a changé soudainement?

De leur côté, des blogueurs tout aussi sympathiques que les journalistes pensent également que la déontologie est une super tarte à la crème dont ils devraient eux aussi s'asperger pour pouvoir entrer dans la citadelle des journalistes. (Soyez également assurés que j'aime passionnément le Web, donc aussi les blogueurs en général (dont moi-même), et je suis membre de 53 blogs auxquels je porte toujours beaucoup d'affection. C'est une de mes gangs. Une de mes communautés. Donc je ne m'attaque ici à personne, ni aux blogueurs-reporters, seulement à cette malencontreuse intention:)

Dans son appel: élaboration de critères pour les blogueurs-reporter accrédités aux événements politiques, Mario Asselin écrit: "l’idée avait été proposée de dresser une liste de critères que nous pourrions suggérer aux organisations politiques, de la perspective des blogueurs, pour «encadrer» l’accréditation, craignant un mécanisme exclusivement partisan qui pourrait dénaturer la pratique carnetière dans le contexte «du mélange des genres»". Allo? Un pt'it chausson avec ça?

S'ensuit un bel effort de wiki où l'on voit qu'il n'est pas si simple d'arriver à trouver la recette de la tarte à la crème. On n'en est pas encore à la concision de la "résolution" de la fpjq, mais on y patauge dans les mêmes ingrédients: encore un peu de collaboration conversationnelle et on va arriver aux mêmes énormités que nos autres amis. Pleines de bonne volonté, certes, mais énormités pareil.

On en est là. Tout ce qui précède est l'état des lieux. S'il y en a qui me lisent encore, voici le plan de la suite: d'abord, on efface tout; ensuite, on regarde ce qui se passe; enfin on s'en va boire ensemble.

On efface tout:
1 - Les blogueurs n'existent pas
2 - Les journalistes non plus, d'ailleurs.

1 - Les blogueurs n'existent pas
Finissons-en: un blog est un format, pas un contenu ni un métier. On ne dit pas des gens qui écrivent sur un tableau noir qu'ils sont des "tableaunoireurs", de ceux qui griffonnent dans un carnet à feuilles quadrillées qu'ils sont des "carnetàfeuillesquadrilleurs" ni même des gens qui travaillent à la télévision des "télévisionneurs", etc., etc. On ne peut pas plus opposer un blogueur à un journaliste qu'un tableaunoireur à un docteur en ethnographie. Pas rapport. Pomme et orange, etc. Donc, de qui parle-t-on quand on parle de blogueurs? Ou plutôt, de qui parlez-vous? De chroniqueurs? De cueilleurs et diffuseurs d'information? De recherchistes? De sources de nouvelles? De synthétiseurs de tendances? Devant cet embarras de définition, la fpjq n'exclut pas nommément les blogueurs mais tente de les définir par la négative comme étant "tous ceux qui ne sont pas journalistes". Ça tombe mal parce que, comme on le disait,

2 - Les journalistes n'existent pas non plus!
C'est écrit dans le premier des critères d'adhésion à la fpjq: "personne qui a (...) pour occupation principale, régulière et rétribuée l’exercice d’une fonction de journaliste pour le compte d’une ou de plusieurs entreprises de presse québécoises." Pas la déontologie. Pas l'éthique. Le premier critère du titre de journaliste n'est pas d'adhérer à un credo mais d'être rétribué par une ou plusieurs entreprises de presse. Être journaliste n'est pas un état d'âme, ni un diplôme, ni une conviction, ni une compétence: on n'est journaliste que lorsqu'on est nommé comme tel par quelqu'un d'autre, un employeur d'un média d'information. Ce n'est pas l'éthique qui fait le journaliste, c'est l'employeur.

Exit la définition des journalistes par l'adhésion à la déontologie: sans objet. Pas rapport. Exit les espoirs des "blogueurs-reporters" d'entrer dans la citadelle en se drapant dans l'éthique: sans objet. Pas rapport.

Cqfd: l'éthique, en soi, n'est pas une tarte à la crème. C'est un engagement profond, sérieux, essentiel que l'on attend de tout professionnel de tout secteur. Mais, dans ce contexte, elle est seulement une tarte à la crème: déguisement, artifice, signe, mirage, illusion, signal, épouvantail, draperie, enveloppe, robe, camouflage, maquillage, uniforme, chapeau, miroir aux alouettes, alouette. Tarte à la crème.

Personne n'est mort. On se calme. Pour que des professionnels de bonne foi pensent à s'ériger une citadelle bâtie sur tant de mauvais arguments, il faut être frappé d'une terrible crainte. On n'en doute pas. On sait tous ce dont il s'agit: à plus ou moins long terme, on s'en va tous sur le Web. Il n'y a pas plus belle machine au monde de création et de diffusion de contenu. Le Web est notre destination, tous médias confondus. Tout en le sachant, même en fermant les yeux, on voit bien tous que la transition ne s'annonce pas facile pour les médias établis. John Battelle en a relevé un raccourci récent:

transition-battelle-2

Ou comme je l'écrivais dans MetaFilter la veille:

On sait tous que le Web provoque une augmentation dramatique de la création et de la distribution de contenu, diluant chaque jour un peu plus le contenu des grands médias. En même temps, le principal modèle de revenus des médias, la publicité, ne marche pas très bien sur le Web.

L'aspect "contenu" est plutôt facile: plus de sources! plus d'outils! plus de mélanges de médias! plus d'options d'horaires! mémoire infinie! diffusion en temps réel! réseaux de sources! réseaux d'usagers! La corne d'abondance du contenu est un joyeux tintamarre. C'est du côté du modèle de revenu qu'est la réelle inquiétude.

Chers amis journalistes, les blogs sont certainement une partie des facteurs qui diluent le contenu des médias, mais ce n'est pas là que se situe notre problème. On peut bien sûr s'imaginer qu'on peut s'enfermer dans une tour d'ivoire (blanche comme la déontologie), mais ça ne va pas aider les éditeurs et diffuseurs à découvrir comment générer des revenus sur le Web. Pour eux. Et pour nous.

C'est là la seule et la vraie question qui nous intéresse tous: comment faire de l'information sur le Web tout en générant des revenus? La plupart des journalistes n'en ont aucune idée, et pensent que ce n'est pas leur problème: c'est le problème de leur employeur. Qui n'a toujours pas de réponse.

Personne n'a encore (tout à fait) la réponse, ou sans doute les réponses, mais s'il y a une chance de les trouver quelque part, c'est parmi les passionnés de l'information qui sont déjà sur le Web et qui y génèrent des revenus. Surprise! C'est du côté des maudits blogueurs que s'explorent le plus les nouveaux modèles d'affaires de l'information! En fait, au lieu de s'opposer, les journalistes et les blogueurs sont dans le même bateau.

Tiens, on va faire un site pour tout ce beau monde. On va y inviter tous les journalistes, les blogueurs et les éditeurs qui sont intéressés à faire de l'information passionnante et enrichissante pour tous sur le Web. Enrichissante en esprit et en dollars. Ça tombe bien, le Web est le medium idéal pour créer des groupes et héberger des communautés. On pourrait l'appeler la Communauté des passionnés de l'information.

reigne

Ning: ni ouing ni nong

Comme je l'avais annoncé précédemment, nous avons utilisé récemment la plate-forme Ning pour réaliser le site collaboratif bospointdeuxzero, et j'avais proposé à Mario Asselin de partager nos expériences de Ning.

 1 - POURQUOI AVOIR UTILISÉ NING?

    a - D'abord pour les caractéristiques de base que nous recherchions:
      - un système basé sur les pages personnelles des individus: toute communauté est basée sur des individus réels que l'on accueille en leur offrant leur espace personnel;
      - avec mise en mémoire sur ces pages de toutes les contributions de chaque individu: toute communauté est basée sur la mémoire des contributions des individus, pour la fidélisation (plus on contribue et que c'est visible et accessible, plus on est "chez soi" dans cette communauté) et la réputation (tout membre ou visiteur peut consulter les pages de chacun).
      - avec possibilité de contributions plurimédias: texte, photos, audio, vidéo;
      - avec des espaces d'activités communes (forums, blogs collectifs): toute communauté est basée sur des espaces communs où l'on fait des choses ensemble.

    b - Ensuite parce qu'on avait très peu de temps pour compléter le projet et qu'il fallait commencer très rapidement, circonstances dans lesquels Ning offre comme avantages principaux:
      - le système est disponible immédiatement
      - gratuitement
      - sans programmation
      - sans hébergement (tous les Ning sont hébergés chez Ning)
      - et qu'il est très facile à aménager (choix des options, choix graphiques) et à gérer par des non-programmeurs.

En tant que membre de communautés sur le Web depuis 9 ans et concepteur depuis 5 ans, je dois souligner que toutes ces caractéristiques sont des absolues merveilles qui auraient été impensables il y a seulement 2 ans; même d'autres systèmes polyvalents et accessibles, comme Drupal ou Joomla, exigent l'hébergement sur un serveur, des services de programmation ... et tous les frais afférents.

 2 - NONG: LES ASPECTS NÉGATIFS

    a - Les contraintes de Ning
      - vous vous souvenez des Polaroids, le pionnier des appareils à produire des photos instantanées? L'art de prendre des bonnes Polaroids était de connaître les limites ultra simples du système et de jouer dans ces paramètres; hors de ces paramètres, les résultats devenaient très instables et hasardeux; il en est de même pour Ning;
      - le contrôle du membership est trop simpliste: soit votre Ning est caché et vous pouvez choisir vos membres comme vous voulez, soit votre Ning est visible par tous mais alors n'importe qui peut s'inscrire; Ning est basé sur l'idée que toutes les communautés veulent accueillir n'importe qui le plus rapidement possible, ce qui est stupide: une communauté n'est pas un média; ce qui fait la force d'une communauté c'est la qualité de ses membres autour de son sujet, pas ses cotes d'écoute. Noter que Ning s'intitule d'ailleurs "réseau social", pas "communauté", mais sur le fond, ça ne change rien: un réseau social plein d'inconnus hors sujet n'a aucune valeur. (Et oui, quand Ning est ouvert, on peut limiter les membres par approbation mais c'est nul, du genre: "Inscrivez vous! Inscrivez-vous! ... et ensuite on va vous dire qu'on ne vous veut pas".)
      - À cause de l'hébergement chez Ning, vous ne contrôlez pas vraiment votre système: pour bospointdeuxzero, nous avions effectué plusieurs aménagements (par exemple, enlever sur chaque page l'inscription "Inscrivez-vous!" ou mieux disposer l'espace pour écrire un nouveau commentaire); sauf que Ning est un produit en développement et qu'il est régulièrement mis à jour; à chaque mise à jour du système, tous nos aménagements disparaissaient. Après avoir recommencé deux fois, on a arrêté et on a travaillé avec les contraintes du système, mais en devenant de plus en plus motivés à migrer dans le futur sur une autre plate-forme.
      - D'une façon générale, l'absence de choix sur les éléments que l'on offre aux membres: presque tout est installé d'office, ce qui empêche de concentrer les activités dans un espace ou un autre. Votre site peut-être plein de contributions dont vous n'apprendrez jamais l'existence (et que vous ne pourrez donc pas mettre en valeur) dès que vous aurez plus de 20 membres.
      - La quasi absence de l'outil de base de modération de toutes les communautés: l'alerte des modérateurs. Il y a bien un lien en bas de chaque page, mais ce n'est pas suffisant. Les communautés qui sont faciles à gérer (c'est à dire les seules qui soient gérables avec beaucoup de membres), comportent toutes un lien pour alerter les modérateurs attaché à chaque élément (chaque article, chaque commentaire, chaque photo, etc).

    b - Le référencement : l'horreur absolue. La honte. Avec près de 2 000 pages publiées en 3 mois (un exploit!), les rares résultats que l'on retrouve dans Google pour "bospointdeuxzero", "bos.20" et "bospoint20" (appellations qui figurent dans les metadata du site) viennent pour la plupart... de mon blog, ici-même! C'est NUL, archi nul! On nous a expliqué que les Ning étaient vraissembablement filtrés par Google parce que certains étaient utilisés pour produire des spams! Who cares? C'est à Ning de régler ce problème, pas aux utlisateurs!

    c - La langue d'interface: contrairement à flickr, par exemple, où la langue d'interface est au libre choix de chaque membre, la langue de navigation de Ning est choisie une fois pour toute. Pour un client ou un public bilingue, comme on en a souvent à Montréal, c'est assez frustrant. Nous avons bien fait quelques aménagements dans l'interface française pour introduire la base de la navigation dans les deux langues, mais le résultat n'est pas satisfaisant et pas accueillant pour les Anglos (ou l'inverse si vous choisissez l'anglais).

    d - L'absence de mode d'emploi de base. Si vous allez chercher vos membres parmi les résidents du Web, pas de problème. Mais si vous voulez faire participer des gens dont l'expérience ne dépasse pas facebook, il va falloir soit que vous expliquiez à chacun comment faire un lien, poster une photo, incruster un vidéo, un élément audio ou un slideshow, soit que vous rédigiez vous-même un mode d'emploi, ce qui est faisable - et réutilisable - mais qui demande des heures d'investissement.

 3 - OUING: LES ASPECTS POSITIFS

    a - La facilité d'installation et de gestion. Je ne suis pas programmeur et en 2 heures je savais tout faire avec Ning: choisir un thème graphique, changer la typographie et la couleur d'un titre ou d'un texte, aménager ma page de membre, m'amuser avec le choix de questions posées à l'inscription des membres (obligatoire/facultative; réponse unique/choix multiple; visible/caché, etc.), aménager la page d'accueil avec de multiples options toujours modifiables: par exemple, quand nos membres s'activent surtout sur leurs pages, on met "Activités récentes" en valeur en page d'accueil; quand le fun se passe dans les forums, on met les forums en valeur (ou les photos, les vidéos, des messages spéciaux, etc.). C'est aussi simple que des Legos et, d'une certaine façon, aussi amusant.

    b - La gratuité du système et de son hébergement. Il y a des options payantes mais même si vous payez pour enlever le mot "Ning" de votre URL, pour enlever les publicités placées par Ning et pour enlever les autopublicités de Ning, il va vous en coûter un maximum de 50 dollars (CAN) par mois. Pour un système d'une telle richesse offrant autant de possibilités, c'est quasiment un miracle et certainement une des merveilles du Web de notre époque.

    c - L'éditeur de langue: quand on a choisi la langue d'interface, il est très facile de modifier tous les termes de la navigation. Par exemple, pour bospointdeuxzero, l'objectif audio n'est pas de partager de la musique mais des messages publicitaires diffusés à la radio. En cherchant le terme "musique" dans l'éditeur de langue, apparaissent tous les termes et les phrases ou figurent ce mot dans la navigation et il est facile de les remplacer, suivant le contexte, par "message radio", "audio" ou "radio". Super.

 4 - EN CONCLUSION

    a - Qui doit créer un Ning?
Vous. Et vous. Et toi et toi et toi aussi.
D'abord parce que c'est facile.
Ensuite parce que c'est gratuit.
Alors allez-y, créez vous un Ning comme des milliers de gens l'ont fait ces derniers mois. Gardez le "privé" pour expérimenter librement. Je ne vous invite pas à celui que j'ai créé pour jouer parce qu'il y a une série d'options qui ne sont disponibles qu'aux créateurs d'un Ning. Donc créez le vôtre puis allez cliquer sur "Gestion" et jouez aux Legos avec tous les éléments possibles de votre page d'accueil. Invitez un ou deux amis et expérimentez avec des forums, des vidéos, des slideshows.

Ning est au Web 2.0 est ce que le vélo est aux transports: une fois que vous savez faire du vélo, vous comprenez les motos, les autos, les camions, les trains, les avions.

Une fois que vous aurez joué avec Ning vous expliquerez à votre entourage qu'un réseau social ou une communauté sont faits 1 - d'individus, 2 - d'individus qui racontent des histoires et 3 - d'individus qui ont des relations avec d'autres individus.

Vous raconterez à vos clients et à vos collègues qu'un réseau social ou une communauté ne sont pas un média, que la révolution Web 2.0, le Social Media Marketing, ce n'est pas utiliser des réseaux sociaux comme des médias, c'est faire partie de relations et de réseaux de relations.

Que vous soyez un membre des médias, d'une agence de publicité ou d'une agence Web, que vous soyez un blogueur, un consultant ou un amateur, créez vous un Ning comme l'ont déjà fait 500 000 personnes. La révolution Web 2.0, ce n'est pas l'existence de facebook, de MySpace ou d'Espace canoë, c'est que tout le monde est au coeur d'un Ning, tout le monde est au coeur de réseaux et seules les relations comptent.

    b - Dans quelles conditions créer un Ning à long terme?
Quelques centaines de Ning ont été créés avec succès pour des usages professionnels ou amateurs, et fonctionnent très bien. Si cela vous tente, ou tente un de vos clients, visitez plusieurs Ning ressemblant à votre projet puis assurez-vous bien:
- que vos besoins s'inscrivent à l'intérieur des contraintes de Ning; souvenez-vous des Polaroïds: malgré (et à cause de) leurs limites, ils ont eu un succès formidable pendant plusieurs décennies et ont eu des milliers d'applications professionnelles, personnelles, pratiques et artistiques;
- que votre projet est à long terme; comme pour toute communauté sur le Web ou réseau social, vos membres y consacrent d'autant plus de temps et d'énergie qu'ils sont assurés que leurs contributions sont mémorisées et accessibles pour longtemps.

    c - Remerciements
Le premier Ning auquel je me suis inscrit (2 fois!) est celui de L'atelier des médias, créé par Philippe Couve pour son émission de radio sur RFI. Le suivant est celui d'Affaires Plus, créé par Daniel Germain sur les conseils de Jeff Mignon.

    d - D'autres Ning dont je suis membre, qui en sont à divers degrés de développement:
     Webcom Montréal
     mediachroniques
     Journalism Research
     kafeteria
N'hésitez pas à nous faire profiter de votre expérience avec Ning.

addendum: comme presque tout sur le Web, Ning est en permanente évolution; je l'avais essayé dès sa création et j'avais été tellement peu impressionné que je n'y avais plus touché pendant 3 ans; les transformations ont été spectaculaires, et nul doute qu'il y en aura d'autres: le "tableau de bord" a eu deux nouvelles versions au cours des derniers mois. Donc mon appréciation est un instantané et mes critiques peuvent se retrouver sans objet du jour au lendemain.

Cet article est le deuxième d'une série de cinq autour du projet bospointdeuxzero:
     1 - Présentation
     2 - Ning comme outil
     Communauté
     Média et journalisme
     Marketing

Pouvoir 2.0: les résidents du Web se manifestent

Il y a deux semaines à peine j'ai attiré l'attention de mes contacts sur un article écrit par Matt Haughey (fondateur de MetaFilter) dans son blog personnel: How to get my nerd vote. À l'occasion des élections américaines (il réside à Portland, Oregon), il y énumérait ses souhaits politiques (à lire en entier, mais voici juste les titres):

1. Broadband Everywhere.
2. Universal Healthcare.
3. No federal taxes on internet purchases
4. Renew a commitment to Education.
5. Renew a commitment to Science.
6. Real changes to transportation.
7. Allow early voting by mail.
8. Revamp Copyright/IP law.
9. Fund the patent office so it can do a better job.
10. Open government.

C'est un exemple frappant d'un mouvement qui s'affirme depuis plusieurs mois chez les nerds et les geeks, ceux que j'appelle les "résidents du Web". J'aime bien l'expression de John Battelle "Web Meets World" pour ce mouvement dont d'autres influenceurs sont Tim O'Reilly, Larry Lessig ou Umair Haque.

Il n'y a pas si longtemps, les influences étaient successives, mais sur le Web où tous les interconnectés sont sur la même onde, il ne faut pas s'étonner qu'une déferlante du même ordre se soit produite au Québec quelques jours plus tard.

Patricia Tessier a lancé la balle au premier ministre du Québec pour les participants du Yulbiz le rassemblement des "blogueurs d'affaires", c'est-à dire la branche la plus communicante des résidents du Web. Elle y met en valeur quatre priorités:

1) Permettre à tous les Québécois d’accéder aux réseaux et aux services numériques et éliminer les barrières liées à la sécurité des transactions en ligne.
2) Accroître l’adoption et diversifier les usages d’Internet dans les entreprises, en particulier les PME.
3) Garantir la formation aux usages des technologies de l’information dès le plus jeune âge.
4) Implanter une gouvernance numérique.

On notera que les demandes de Matt Haughey sont plus générales et humanistes, mais qu'on y retrouve les demandes plus spécifiques au monde numérique des blogueurs montréalais. Ces derniers ont d'ailleurs reproduit la lettre sur leurs blogs respectifs, lui assurant une plus grande diffusion: d'après le groupe facebook créé pour l'occasion, ils sont déja 41, une force d'influence respectable.

Québec est aussi un poste avancé du Web et la balle y a rebondi d'abord dans la cour de Carl Frédéric Decelles qui "ajoute quelques enjeux à la réflexion" pour les citoyens, l'industrie, l'éducation et le gouvernement. Il y voit "une occasion de leadership auprès de l’ensemble de la société, d’un témoignage concret que les technologies numériques (bien utilisées) contribuent à l’innovation et à la richesse d’une société, de ses entreprises et de ses citoyens." Mario Asselin est "enchanté de toutes ces démarches qui visent à mobiliser/rassembler/innover". De plus, selon la force du Web, les commentaires laissés sur tous ces blogs enrichissent et diversifient les articles auxquels ils s'attachent.

On voit trop souvent le Web comme une technologie qui peut ou non être adoptée par les partis en place, comme dans la campagne d'Howard Dean et plus récemment celles de Barack Obama et ici, du Bloc Québécois. Ce que je soupçonne et qu'il va falloir regarder de plus près, c'est que le Web est porteur de ses propres valeurs. Ce n'est pas un hasard si ces initiatives nous viennent des "blogueurs d'affaire" et non d'une série d'idéologues.

Ces blogueurs sont des individus mais ils ne sont pas isolés: non seulement ils sont tous connectés mais ils le sont aussi avec l'ensemble des résidents du Web. Ils ne sont pas une vague, juste la crête de la vague.

Le pouvoir 2.0 se manifeste et on en fait tous partie. Même ceux qui résistent ou l'ignorent utilisent leurs ordinateurs et leurs cellulaires. Contrairement aux luttes précédentes les chocs et les batailles n'ont pas lieu entre des groupes distants mais entre des groupes interconnectés dans le même medium. The medium is the message, comme toujours, sauf que, cette fois ci, on fait tous partie du medium. Accrochez vos tuques.

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